Biométhane, H₂, CO₂... bilan 2025 par région
En 2025, la transition gazière passe la vitesse supérieure. Partout en France, la production de biométhane progresse, avec 13,5 TWh injectés dans le réseau gazier et une hausse de 17 % en un an, tandis que les premiers réseaux d’hydrogène et de CO2 se dessinent. Voici ce qui change, région par région.
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Régions nord est
Régions Val de Seine
Régions nord ouest
Régions Rhône - méditerranée
Bourgogne-Franche-Comté
Tour de france 2025 de la transition gazière : les chiffres marquants
Et si 2025 marquait un tournant ?
Alors que la consommation de gaz décroît, à 350 TWh (-3 %), portée notamment par la sobriété et l’efficacité énergétique, une autre histoire s’écrit dans les territoires, celle d’une énergie qui se renouvelle.
La production de biométhane a bondi de 17 % en un an pour atteindre 13,5 TWh, avec 802 sites de méthanisation en service contre 731 fin 2024. Les capacités installées culminent même à 15,5 TWh, permettant à la France de prendre la place de leader européen de la production de biométhane, que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), publiée en février 2026, vient renforcer avec un objectif de 44 TWh en 2030.
Derrière ces chiffres nationaux, chaque région avance à son rythme selon ses atouts
Méthanisation agricole, mobilité au bioGNV, futurs réseaux d’hydrogène et de CO2, NaTran adapte ses infrastructures partout où la transition s’accélère. Tour de France des territoires.
Région Grand Est
Grand Est, champion de la méthanisation
Ses 131 sites d’injection, dont 41 raccordés au réseau NaTran, affichent une capacité de 3,0 TWh par an, en hausse de 5 % sur un an, soit 19 % de la production nationale. Le biométhane couvre désormais 5,7 % de la consommation régionale, contre 5,2 % en 2024, bien au-dessus de la moyenne nationale (4,5 %). Quatre postes de rebours* sont en service et dix autres se préparent.
*Station de rebours : petite station de compression qui s’active automatiquement afin de capter le biométhane produit en excès dans un territoire et le rediriger via le réseau de transport.
Côté hydrogène, la région concentre des projets transfrontaliers majeurs, avec mosaHYc, HY4Link, RHYN et HY-FEN, qui dessinent un réseau H2 reliant la France, l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg.
Un intérêt massif des répondants du Grand Est s’est manifesté lors de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) pour un futur réseau de transport de CO₂ inter-régional de 1 000 km, qui reliera la Normandie, l’Île-de-France, les Hauts-de-France et le Grand Est.
Région Hauts-de-France
Hauts-de-France, le poids lourd industriel étudie sur le le captage et stockage de CO₂
Les Hauts-de-France comptent 107 sites de méthanisation pour 2,5 TWh de capacité (+5,7 %), soit 16 % du total national. Le biométhane y représente 5,3 % de la consommation, contre 5,0 % un an plus tôt.
La consommation régionale reste stable, à 47,5 TWh, mieux orientée que la moyenne nationale grâce à un tissu industriel important.
Surtout, la région se positionne sur le transport du CO2 avec DKHARBO, un réseau de 30 km dans le port de Dunkerque (4 millions de tonnes par an, 7,7 M € de subventions européennes), connecté au stockage en mer du Nord de son partenaire norvégien Equinor.
En prolongement un nouveau projet de réseau CO2 inter-régional de 1 000 km se développe.
Région Île-de-France
Île-de-France, vitrine de la mobilité et nouveau terrain du CO₂
Première région consommatrice (57,3 TWh, 16 % du total national), l’Île-de-France confirme son rôle de vitrine.
La Seine-et-Marne reste le premier département producteur de biométhane de France, avec 1 042 GWh, soit près de 48 % de sa propre consommation. La région compte 63 unités de méthanisation (+5 %) et 86 projets à l’étude.
Côté mobilité, 1,4 TWh de GNV et de bioGNV ont été consommés, de quoi alimenter environ 4 000 bus, grâce à 53 points d’avitaillement. Le rebours* de Marchémoret (Seine-et-Marne), le plus important de France, a fait transiter 174 GWh de biométhane en 2025.
*Station de rebours : petite station de compression qui s’active automatiquement afin de capter le biométhane produit en excès dans un territoire et le rediriger via le réseau de transport.
L’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour un projet de réseau de transport CO2 inter-régional a confirmé un besoin de 2,3 millions de tonnes par an dans la région.
NaTran a recensé 17 réponses d’acteurs sur la région couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur du CO2 :
- 12 industriels (sites industriels, gestionnaires de déchets …) ;
- 5 sites de méthanisation qui souhaitent valoriser leur CO2 biogénique ;
Région Normandie
Normandie, la plus forte dynamique de méthanisation
La Normandie signe l’une des plus belles progressions, avec une capacité de biométhane de 1,4 TWh (+16 %) issue de 70 unités, et surtout 181 projets en développement, en hausse de 33 % en un an.
Pour absorber cette production locale, NaTran déploie un programme de rebours* sans équivalent, six en service, six en réalisation en 2026 et neuf en projet, soit 21 installations et près de 60 M € d’investissement à terme.
La région est aussi à l’origine du futur réseau de transport de CO₂ inter-régional de 1 000 km, qui reliera la Normandie, l’Île-de-France, les Hauts-de-France et le Grand Est.
*Station de rebours : petite station de compression qui s’active automatiquement afin de capter le biométhane produit en excès dans un territoire et le rediriger via le réseau de transport.
Région Bretagne
Bretagne, championne du biométhane dans la consommation
La Bretagne conserve sa première place nationale pour la part de biométhane dans la consommation régionale, qui atteint 7 %.
Ses 105 sites (+4 %) ont injecté 1 092 GWh, en hausse de 27 % sur un an, portés par une forte activité agricole. Avec 106 projets en file d’attente représentant 1,4 TWh, la région va plus que doubler sa production à court terme et viser plus de 15 % de biométhane dans sa consommation.
NaTran y accélère le déploiement des rebours*, un cinquième a été mis en service à Javené (Ille-et-Vilaine) en mars 2026, deux autres suivront à Morlaix (Finistère) et Loudéac (Côtes-d'Armor) avant la fin de l’année.
*Station de rebours : petite station de compression qui s’active automatiquement afin de capter le biométhane produit en excès dans un territoire et le rediriger via le réseau de transport.
Région Centre-Val de Loire
Centre-Val de Loire, la croissance la plus spectaculaire
En Centre-Val de Loire, la production de biométhane bondit de 27 % pour atteindre 0,7 TWh, issue de 47 sites (+4 %) et couvrant 6 % de la consommation régionale.
Avec 56 projets en file d’attente représentant 1,5 TWh, la région pourrait tripler sa production et dépasser 20 % de biométhane dans sa consommation. Le site des 6 Fermes à Girolles (Loiret), raccordé au réseau NaTran en 2025, illustre cette montée en puissance, tandis que le rebours de Gien (Loiret) porte à quatre le nombre de postes opérationnels, douze autres étant à l’étude.
Région Auvergne-Rhône-Alpes

Auvergne-Rhône-Alpes, une ambition affichée pour 2030
Ses 73 unités de méthanisation (+7 en 2025) produisent environ 1 TWh, soit 250 000 foyers chauffés au gaz vert et 230 000 tonnes de CO2 évitées, avec un cap fixé à 180 unités et 5 TWh à l’horizon 2030.
La région prépare aussi l’hydrogène, à travers le projet européen IMAGHyNE et un hydrogénoduc à l’étude de 40 km entre la Vallée de la Chimie et l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, futur maillon de HY-FEN, dont 286 km traverseront le territoire.
En Tarentaise, un accord signé fin 2025 prévoit une canalisation de 25 km techniquement compatible hydrogène pour soutenir la compétitivité industrielle locale.
NaTran investit 15 millions d’euros dans cette infrastructure de 25 km entre Albertville et La Léchère. Adaptée au transport de gaz naturel et de biométhane, elle est techniquement compatible avec l’hydrogène à terme.
Carte du projet
Région Bourgogne-Franche-Comté
Bourgogne-Franche-Comté, le pari de la méthanisation agricole
La Bourgogne-Franche-Comté poursuit son cap vers 1 TWh de biogaz, avec 27 unités (+1 en 2025) ayant injecté 0,75 TWh en 2025 et un objectif de 3 TWh en 2030. La région mise sur la proximité avec le monde agricole, à travers les métha’salons organisés avec GRDF et un nouveau partenariat noué avec l’association des agriculteurs méthaniseurs de Bourgogne-Franche-Comté (AAMF BFC).
Douze stations GNV maillent déjà le territoire, dont celle de Sens (Yonne) inaugurée en 2025. La région accueillera par ailleurs 140 km du futur réseau hydrogène HY-FEN.
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’hydrogène au service de l’industrie
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la transition se joue d’abord autour de l’industrie.
La région, qui pèse 7 % de la consommation nationale de gaz (24,4 TWh, en baisse de 10,4 % sur un an), voit le raffinage et la pétrochimie reculer de 15 %, premier signe d’une décarbonation qui s’amorce dans la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).
La méthanisation y reste modeste, freinée par une géographie moins propice, avec 100 GWh injectés en 2025 pour un objectif de 2 TWh en 2030 que NaTran prépare en étudiant un premier rebours à Istres (Bouches-du-Rhône), attendu pour 2028.
C’est surtout sur l’hydrogène que la région s’affirme.
Le projet HYnframed prévoit 180 km de canalisations autour de l’étang de Berre, reliées au stockage de Manosque, pour éviter l’émission de 4 millions de tonnes de CO2 à l’horizon 2040.
La région accueillera aussi 86 des 850 km de la future dorsale HY-FEN et le tronçon offshore BarMar, qui reliera Marseille à Barcelone au sein du corridor européen H2med. Avec 1 464 km de réseau et 31 millions d’euros investis en 2025, NaTran y déploie les infrastructures d’une transition portée par l’industrie.
Quand les régions coopèrent, les grands projets inter-régionaux
La transition ne s’arrête pas aux frontières administratives
Côté hydrogène, HY-FEN dessine la future dorsale française.
Longue de 850 km, elle traversera cinq régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur), qui ont signé une déclaration commune de soutien le 1er juillet 2025 à Lyon. Reconnu projet d’intérêt commun1 par l’Union européenne et soutenu par 15 M € de fonds européens, HY-FEN fera l’objet d’une concertation préalable à l’automne 2026, pour une mise en service visée en 2032.
1 Projet d’intérêt commun (PIC) : statut européen ouvrant droit à des procédures d’autorisation accélérées et à des financements de l’Union.

Côté soutien à la capture du, NaTran porte une dorsale inter-régionale de transport de CO₂ d’environ 1 000 km reliant le Grand Est, les Hauts-de-France, la Normandie et l’Île-de-France. L’appel à manifestation d’intérêt clôturé début 2026 a rencontré un franc succès, avec plus de 200 acteurs mobilisés et un potentiel de 16,7 millions de tonnes de CO₂ par an, l’équivalent de 27 % des émissions de l’industrie manufacturière française. Connectée au projet dunkerquois DKHARBO et au stockage en mer du Nord, cette infrastructure a même attiré des émetteurs luxembourgeois, allemands et suisses, lui conférant une dimension transfrontalière.
>>> Résultats du projet de transport inter-régional de CO₂
Tracé schématique du projet de transport inter-régional de CO2, avec les réponses de l’AMI par région

Le Top 5 des bilans gaz régionaux
- Île-de-France : 57,3 (57,6 en 2024)
- Grand Est : 52,2 (52,9 en 2024)
- Hauts-de-France : 47,5 (47,7 en 2024)
- Normandie : 35,7 (38,2 en 2024)
- Auvergne-Rhône-Alpes : 37,0 (38,0 en 2024)
- Grand Est : 3,0 (2,7 en 2024)
- Hauts-de-France : 2,5 (2,3 en 2024)
- Normandie : 1,4 (1,2 en 2024)
- Île-de-France : 1,3 (1,2 en 2024)
- Nouvelle-Aquitaine : chiffre 2025 à venir (1,1 en 2024)
- Bretagne : 7,0 % (5,9 % en 2024)
- Centre-Val de Loire : 6,0 % (donnée 2024 non communiquée)
- Grand Est : 5,7 % (5,2 % en 2024)
- Hauts-de-France : 5,3 % (5,0 % en 2024)
- Nouvelle-Aquitaine : chiffre 2025 à venir (4,8 % en 2024)
Transition énergétique : les actions de NaTran
