Inauguration du rebours à Trémentines
NaTran a inauguré le rebours de Trémentines ce mercredi 23 septembre 2026, le 1er rebours du Maine-et-Loire construit en collaboration avec Soregies, entreprise locale de distribution de gaz. Cette inauguration est organisée en lien avec les partenaires du projet : la commune de Trémentines, Mauges Communauté, le Syndicat intercommunal d’énergies de Maine-et-Loire (Siéml) ainsi que les gestionnaires d’unités de méthanisation du territoire.
Rôle du rebours de Trémentines
L’augmentation de la production de biométhane injecté dans les réseaux nécessite des adaptations afin que les excédents de production, lorsqu’ils ne peuvent être consommés directement sur les réseaux de distribution du fait de la saisonnalité de la consommation, puissent remonter sur le réseau de transport et répondre aux besoins d’autres zones de consommations avoisinantes ou bien être stocké pour des besoins futurs.
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C’est le rôle du rebours de Trémentines (Maine-et-Loire), il permet d'accueillir à court terme près de 70 GWh/an de biométhane, soit l’équivalent de la consommation gaz de 6 000 logements. En permettant un raccordement à cette installation, le rebours offre la possibilité pour d’autres unités de production de biométhane de se développer sur le territoire à hauteur d’une centaine de GWh/an. Le montant de l’investissement du rebours de Trémentines s’élève à 2,5 millions d’euros et est financé par NaTran.
Ce rebours est le premier ouvrage de ce type construit dans le département du Maine-et-Loire. La Région des Pays de la Loire en comptant déjà 4 en service : déjà 7 en service : Pouzauges (85), Craon (53), St Aubin des Chateaux (44), St Nicolas de Redon (44), la Roche sur yon (85), Arconnay (72) et Trémentines (49)
L’historique de la dorsale biogazière des Mauges et du projet de rebours de Trémentines
Dès 2016, des réflexions ont été entamées sur le territoire des Mauges pour la réalisation d’un réseau de gaz permettant d’offrir des débouchés pour l’injection de biogaz dans le réseau de distribution et, ainsi, favoriser l’émergence de projets de méthanisation portés par des agriculteurs locaux. C’est ainsi qu’est né le projet de “dorsale biogazière des Mauges”, un projet multi-partenarial porté à la fois par les collectivités territoriales, les gestionnaires de réseaux, les consommateurs et les producteurs du territoire.
Cette dorsale biogazière a été inaugurée le 6 juin 2018 à Saint-Florent-le-Vieil, après 10 mois de travaux pilotés par le gestionnaire de réseau de distribution Sorégies pour un total de 3 millions d’euros d’investissement. Ce réseau d’une trentaine de kilomètres entre Trémentines et Saint-Florent-le-Vieil permet ainsi d’approvisionner à la fois un industriel gazo-intensif (Lactalis) et de collecter la production de biogaz sur le territoire des Mauges afin d’atteindre une part de 70 % de gaz verts dans les réseaux de distribution des Mauges d’ici à 2030.
Ce projet a été initié dans le projet de réseau intelligent « West Grid Synergy », dont le but est de faciliter l’intégration du biométhane dans les réseaux grâce à de nouvelles techniques de pilotage du réseau et des infrastructures gazières innovantes. La dernière étape pour cet écosystème biogazier résidait ainsi en l’installation d’un poste de rebours permettant, lorsque la production serait supérieure à la consommation locale, d’acheminer le biométhane non consommé localement vers le réseau de transport NaTran et d’autres zones de consommation.
Le développement du gaz renouvelable dans les Mauges
Le territoire des Mauges est très dynamique dans le domaine de la méthanisation ou trois unités de méthanisation sont raccordées au réseau de distribution de Sorégies, les deux unités de Métha-Mauges à Jallais et Villeudieu La Blouère, mises en services fin 2022 et début 2023, et celle de Loire Mauges Energie à La Pommeraye mise en service fin décembre 2025.
En 2025, ce sont 44 GWh de biométhane qui ont été injectés représentant 46 % de la consommation de gaz sur les réseaux de Sorégies. Avec l’arrivée de l’unité de méthanisation de Loire Mauges Energies, la part de biométhane passe à 60 % dès 2026 soit, en proportion, 10 fois plus qu’au niveau national.
Ce biométhane produit sur le territoire est consommé principalement localement par l’ensemble des clients particuliers, entreprises, collectivités locales et industriels. Il permet également de décarboner les transports grâce à la station bioGNV de La Pommeraye utilisée par les transporteurs du territoire.
Et en Pays de la Loire
Avec 81 unités de méthanisation injectant déjà leur production dans les réseaux de gaz, la région Pays de la Loire concrétise son potentiel de production de gaz renouvelable avec une capacité installée de plus de 1,3 TWh/an (soit l’équivalent de la consommation gaz de 110 000 logements). Cette capacité devrait rapidement doubler avec l’intégration des unités en projet ayant demandé une étude de raccordement (89 projets additionnels pour un total de 1,7 TWh supplémentaire).
Le département Maine-et-Loire participe à la dynamique régionale avec 21 sites en service représentant une capacité de production annuelle de 324 GWh, soit 13,2 % de la consommation départementale de gaz.
Le développement du rebours à Trémentines s’inscrit dans la démarche des opérateurs de réseaux gaziers visant à permettre, par le développement de leurs infrastructures, le recours aux énergies renouvelables et locales, afin de contribuer à l’atteinte la neutralité carbone d’ici à 2050 et de 100% du gaz consommé en France d’origine renouvelable et locale.
La méthanisation, une énergie renouvelable locale
La production de gaz renouvelables, énergie locale issue de nos territoires et de nos filières agricoles, connaît un fort développement, non sans impact sur la conception historique des infrastructures gazières.
Par le processus de méthanisation, les effluents d’élevage (lisiers, fumiers), résidus de culture, déchets agroalimentaires, boues de la station d’épuration, ou encore les biodéchets, deviennent une ressource : ils sont transformés en biogaz. Après épuration, il atteint le même niveau de qualité que le gaz naturel et peut donc être injecté dans les réseaux. On l’appelle alors biométhane. Tout comme le gaz naturel, il sert à chauffer, cuisiner mais pas seulement. Utilisé comme carburant (bioGNV), il offre une solution économique et écologique, en particulier pour le transport de marchandise et de personnes. Outre une énergie 100% renouvelable et locale, le processus de méthanisation génère du digestat, un résidu qui peut être utilisé comme engrais organique permettant une réduction des fertilisants de synthèse d’origine chimique.
Cette forme d’économie circulaire contribue concrètement à la transition énergétique du territoire, par la production d’énergie renouvelable et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle favorise également une agriculture plus durable et pérenne, et la création d’emplois non délocalisables. Pour rappel, la dernière programmation pluriannuelle de l’énergie, publiée en février 2026, fixe à 44 TWh l’injection de biométhane dans les réseaux en 2030.
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