Concertations CH₄, H₂ et CO₂ : perspectives d’avenir
En tant que gestionnaires d’infrastructures de transport d’énergie, NaTran et Teréga (les deux opérateurs de transport de gaz en France hexagonale) portent une responsabilité centrale dans la planification du développement des infrastructures gazières.
Réflexion sur l’évolution du système énergétique
Pour ce faire, les deux transporteurs conduisent depuis avril 2025 un exercice de prospective et de concertation portant sur les besoins d’infrastructures du méthane, de l’hydrogène et du CO₂.
Ces travaux visent à accompagner la réflexion sur l’évolution du système énergétique, en éclairant les futurs possibles autour des scénarios portés par les pouvoirs publics. Pour cela, NaTran et Teréga consultent un panel large d’acteurs : opérateurs de réseaux, industriels, acteurs publics, associations professionnelles et acteurs académiques. Les résultats obtenus complètent les différents travaux réalisés en la matière par d’autres acteurs, parmi lesquels l’ADEME, RTE, France Gaz etc.
NaTran et Teréga ont organisé le 2 juillet 2026 la restitution de ces travaux réunissant l’ensemble des parties prenantes des filières CH4, H2 et CO2, avec une introduction par la DGEC.
Cet événement marque le lancement d’un nouveau cycle de concertation dédié à l’horizon 2050, offrant aux acteurs l’opportunité de poursuivre la co-construction d’hypothèses structurantes pour le développement des infrastructures de transport de CH4, H2 et CO2 en France.
Des scénarios à l’horizon 2035 confortés et ajustés
Les scénarios à l’horizon 2035 confortés et ajustés grâce aux contributions des parties prenantes.
Dans le cadre de la démarche des Concertations « Perspectives d’avenir » menées tout au long de l’année 2025, des scénarios pour chacune des molécules CH4, H2 et CO2 ont été confrontés, enrichis et consolidés grâce aux nombreuses contributions des acteurs des marchés concernés.
Ces contributions ont permis de confirmer la solidité des scénarios proposés en première intention. Elles ont également permis de tester des sensibilités complémentaires qui viennent élargir le spectre des scénarios.
Présentation des scénarios :
Le système méthane (CH4)
Une réduction progressive des consommations de gaz naturel et la montée en puissance de la production de biométhane, une résilience confirmée des infrastructures à ces tendances et aux différents aléas envisagés,
La consommation de CH4 a fait l’objet de différentes déclinaisons encadrant les scénarios des pouvoirs publics. Le spectre de scénarios adopté a vocation à prendre en compte différentes vitesses de mise en œuvre des politiques de décarbonation, et à éclairer leurs impacts sur le mix énergétique.
Les différents scénarios anticipent une baisse de la consommation de CH4 allant de 5 % à 25 % selon les scénarios à l’horizon 2035 (consommation totale de méthane fossile et renouvelable comprise entre 270 et 350TWh PCS/ an). Cette évolution s’accompagne d’un développement de la filière nationale de production du bioCH4, qui pourrait atteindre 108 TWh PCS en 2035 dans le scénario d’accélération des efforts de décarbonation.
Nos simulations des différents aléas à l’échelle française et européenne permettent de conclure que les infrastructures gazières françaises seront résilientes pour l’ensemble des scénarios étudiés à l’horizon 2035, comme elles l'ont permis par le passé.
Des gains liés au développement d’un réseau de transport hydrogène (H₂)
Les scénarios de consommation d’H2 ont été revus en cohérence avec les retours des participants, et affichent une plage comprise entre 0,7 et 1,1 Mt/an à horizon 2035, en ligne avec la PPE3.
Dans la continuité des études précédentes, menées entre autres conjointement avec RTE, qui ont démontré la valeur des réseaux de transport d’hydrogène, les modélisations réalisées par NaTran mettent en évidence des gains significatifs — de l’ordre de 2 milliards d’euros par an — liés au développement d’un réseau français maillé et interconnecté (par opposition à un système reposant uniquement sur des hubs régionaux isolés).
Confortés par ces résultats, NaTran et Teréga présentent un schéma directeur hydrogène consolidé par les concertations ainsi qu’une proposition de variante en cas de retard de développement de la filière, qui confirme néanmoins la pertinence d’une infrastructure de près de 4 000 km à 2035.
Le CO₂, une filière émergente qui soulève un fort intérêt
NaTran et Teréga s’inscrivent dans la trajectoire nationale de décarbonation en portant le développement d’une infrastructure de transport de CO2 qui accompagnera le développement des filières CCS et CCU.
Différentes initiatives (études de raccordements, appels à manifestation d’intérêt...) alimentent le dimensionnement du schéma directeur CO2 à un horizon court et moyen termes, avec des infrastructures adaptées aux besoins d’exutoires et de valorisation du CO2. Cette infrastructure pourrait atteindre près de 1 800 km autour de 2035-2037.
L’ouverture du cycle prospectif à 2050
La restitution du 2 juillet 2026 marque également l’ouverture d’un second cycle de concertations portant sur les scénarios à l’horizon 2050.
Comme pour le premier cycle, ces travaux viseront à explorer une diversité de trajectoires, intégrant notamment des hypothèses variées en matière de mix énergétique, de dynamiques industrielles, de sécurité d’approvisionnement, et d’innovation technologique.
L’objectif est de contribuer à un éclairage plus complet des choix énergétiques à opérer, dans un contexte marqué par de fortes incertitudes.
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