Pourquoi les gaz renouvelables sont une énergie décentralisée stratégique pour les territoires?

Quel que soit leur mode de production, les gaz renouvelables ont un point commun : ils naissent au cœur des territoires. Avec le développement de ces nouvelles énergies, nous engageons une coopération multi-acteurs qui dynamise l’économie locale, crée de l’emploi et stimule l’innovation.

Le rôle stratégique des territoires dans la transition énergétique

Les territoires occupent une place stratégique au sein de la transition énergétique. Ils en sont même les moteurs car leurs ambitions en la matière sont fortes.

Les régions mènent ainsi des exercices de planification énergétique, dans le cadre des schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet)1. L’occasion pour elles d’identifier les gisements et les potentiels en énergies renouvelables, mais aussi les besoins en infrastructures ainsi que la décarbonation des usages. Dans le cadre des Sraddet, de nombreuses régions affichent des politiques ambitieuses, misant notamment sur une accélération des gaz renouvelables et un déploiement de l’hydrogène.

Les gaz renouvelables au service du développement des territoires

Si les collectivités s’engagent pour les gaz renouvelables, c’est parce qu’elles sont convaincues des opportunités qu’ils génèrent : création d’emplois, diversification des revenus pour les agriculteurs, valorisation des déchets, mobilisation des ressources locales dans une logique d’économie circulaire… Les élus identifient ainsi les gaz renouvelables comme une ressource clé pour dynamiser à la fois leur économie locale tout en apportant des réponses concrètes aux enjeux de leurs politiques énergétiques (transports, aménagement du territoire, soutien à l’agriculture, innovation…).

Pour les métropoles, les gaz renouvelables offrent la possibilité d’ancrer l’économie circulaire sur leurs territoires avec des technologies permettant de valoriser les déchets (boues de station d’épuration, déchets ménagers et industriels), de devenir autonome en énergie renouvelable et de disposer d’un carburant permettant d’améliorer concrètement la qualité de l’air avec l’installation de stations bioGNV.

Des décisions politiques au service de la transition énergétique locale

Des conseils régionaux aux conseils municipaux, la méthanisation est par exemple une technologie qui séduit bon nombre d’élus. La région des Pays de la Loire affiche ainsi clairement ses ambitions en la matière, en s’appuyant sur la forte présence de l’élevage sur ses territoires. D’ici 2030, la région souhaite couvrir 30 % de sa consommation de gaz en biométhane. Pour atteindre cet objectif, elle soutient l’installation de sites de méthanisation et se mobilise pour développer les infrastructures ainsi que les usages. La région a ainsi réalisé, avec l’aide des gestionnaires de réseaux et l’ADEME, une étude sur l’opportunité de créer un réseau de stations publiques d’avitaillement au GNV (Gaz Naturel Véhicule) et au bioGNV. Plusieurs zones de développement pour les futures stations ont pu être identifiées et un calendrier fixé pour leurs implantations. L’objectif ? 86 stations à horizon 20302.

Des projets territoriaux concrets pour produire du gaz renouvelable

Toujours en Pays de la Loire, un projet de démonstrateur industriel, baptisé Titan V, est engagé en vue de produire du gaz renouvelable en combinant deux technologies : la pyrogazéification et la méthanation biologique3. Ce couplage innovant s’inscrit dans la dynamique régionale de développement de l’économie circulaire en produisant, à partir de ressources locales peu ou mal valorisées (déchets de bois, combustibles solides de récupération, boues de stations d’épuration…) une énergie durable, pilotable et stockable. Titan V s’appuie sur des expertises développées par un écosystème français d’entreprises innovantes (start-up, PME, ETI…). Une fois produit localement, ce gaz apportera à la collectivité des solutions concrètes en matière de traitement local des déchets, de décarbonation, d’économie circulaire et de soutien à l’activité économique territoriale.

À Senlis, dans l’Oise (Hauts-de-France), la méthanisation fait déjà partie de la vie de la commune. L’unité située aux portes de la ville valorise les déchets organiques des exploitations agricoles avoisinantes. Sa production devrait atteindre 46 GWh/an de gaz renouvelable couvrant les besoins en chauffage, eau chaude et cuisson de 3 000 logements4. Au-delà des bénéfices en matière d’émissions de gaz à effet de serre, ce site permet de proposer du gaz renouvelable aux habitants et aux entreprises ce qui stimule l’attractivité de ce territoire. Un nouvel écoquartier de 600 logements sera également alimenté à 100 % par du gaz renouvelable5.

Les régions engagées dans le développement de l’hydrogène bas carbone

La région Sud a fait de l’urgence climatique sa priorité. Depuis 2017, elle a lancé un grand plan climat, Une COP d’avance. Le projet Jupiter 1000, situé à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), s’inscrit pleinement dans cette politique volontariste. Il s’agit du premier démonstrateur de Power to Gas, à l’échelle industrielle, raccordé au réseau de transport de NaTran. Jupiter 1000 by NaTran constitue une étape majeure dans le développement de solutions de décarbonation du gaz et de ses usages, du stockage d’énergie et de synergies entre réseaux gaziers et électriques6 .

Des expérimentations territoriales pour intégrer l’hydrogène dans les réseaux

Avec le projet GRHYD7, l’innovation énergétique est également au cœur de la communauté urbaine de Dunkerque. Classé parmi les initiatives les plus importantes dans le développement de l’hydrogène en France, ce démonstrateur est testé grandeur nature sur ce territoire. La finalité ? Évaluer et valider la pertinence technique et économique d’une nouvelle filière utilisant un composé de gaz naturel et d’hydrogène pour l’habitat et les transports. 

À Cappelle-la-Grande, ville pilote, les retombées sont concrètes. 100 logements de la commune se chauffent, se lavent et cuisinent désormais en partie grâce à l’hydrogène. Si 6 % d’hydrogène sont injectés actuellement dans le réseau de distribution de GRDF, à terme ce sera 20 %. Après le volet habitat, l’expérience GRHYD devrait se poursuivre avec l’utilisation de l’hydrogène pour les bus de cette communauté urbaine. 

Les gaz renouvelables représentent déjà une ressource clé pour le développement local et sont sources de nombreuses perspectives. Avec eux se créent de nouvelles solutions pour l’avenir énergétique et économique des territoires.

 

1 Issu de la loi NOTRe, le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet) est
un document de planification qui précise la stratégie, les objectifs et les règles fixés par la région dans plusieurs domaines de
l’aménagement du territoire.
2 Actu Environnement, hors-série, avril 2020.
3 La méthanation biologique est un procédé qui permet de recombiner des molécules gazeuses produites à partir de différents
déchets pour en faire un méthane valorisable dans les réseaux existants pour tous types d’usage.
4 Green Gas Tour, France Gaz renouvelables, novembre 2018
5 Green Gas Tour, France Gaz renouvelables, novembre 2018
6 Source : NaTran
7 GRHYD : Gestion des réseaux par l’injection d’hydrogène pour décarboner les énergies

Pour aller plus loin

Questions fréquentes sur l’énergie décentralisée et les gaz renouvelables

Une énergie décentralisée est produite au plus près des territoires et des besoins locaux. Elle s’appuie sur des ressources disponibles sur place, comme les gaz renouvelables, le biométhane ou l’hydrogène bas carbone. Ce modèle limite la dépendance aux productions centralisées, renforce la résilience énergétique et soutient l’économie locale dans le cadre de la transition énergétique.

Les gaz renouvelables valorisent des ressources locales, comme les déchets agricoles ou industriels, pour produire une énergie bas carbone. Ils participent à la décarbonation des usages, créent de l’activité économique non délocalisable et renforcent la souveraineté énergétique des collectivités. Ils constituent ainsi un levier structurant de la transition énergétique territoriale.

Les collectivités intègrent l’énergie décentralisée dans leurs plans climat et leurs schémas régionaux d’aménagement. Elles soutiennent les projets de méthanisation, de biométhane, de bioGNV ou d’hydrogène bas carbone et déploient les infrastructures adaptées. Cette stratégie permet d’anticiper les besoins énergétiques locaux et d’accélérer la transition énergétique des territoires.